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Hara

 
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Naifanshi
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MessagePosté le: Lun 6 Juin - 21:10 (2011)    Sujet du message: Hara Répondre en citant


Bonsoir, je vous propose a travers ce poste quelques livres relatant d'une capacité extraordinaire de l’être humain, le Hara.
Mais avant, qu'est ce que le hara ?

Le hara (appelé également tanden ou seika tanden) est une zone du corps situé sous le nombril qui s'inscrit dans une conception taoïste de l'organisme humain (dont découlent les médecines chinoise et japonaise traditionnelles).
Physiologiquement, il correspond au centre de gravité du corps humain.




      

Le vocable "tan den" vient du chinois "dan tien" qui signifie"champ de cinabre". "Ce terme désigne dans le taoïsme, certains lieux du corps, sièges de transformations, de mutations. Le cinabre, ou sulfure de mercure,sous la forme de pierre rouge, est en alchimie chinoise la matière première de la pierre philosophale. En d'autres termes, le cinabre est le matériau de base de l'élaboration de l'or en alchimie externe, de la drogue d'immortalité en alchimie intérieure." *

Les "champs de cinabre" sont au nombre de trois: le champs de cinabre inférieur (le hara), le médian (situé au niveau du plexus solaire) et le supérieur (localisé dans la tête) (Voir le croquis ci-dessus).


L'alchimie intérieure est une pratique du Taoïsme qui, par des exercices du corps, de méditation et de respiration engage le pratiquant dans un cheminement initiatique qui s'articule autour des trois champs de cinabre:


"Dans l'alchimie intérieure à partir des Song, les champs de cinabre sont avant tout les lieux de transformation de l''essence, du souffle et de l'énergie spirituelle: ce sont trois régions du corps autour desquelles sont concentrées les trois étapes du travail psychophysiologique." *

En médecine traditionnelle, le hara est une zone essentielle par laquelle passent l'ensemble des meridiens régulant l'énergie vitale (Ki) dans l'organisme. Ainsi, dans le Shiatsu (technique de régulation du Ki par le toucher des doigts), il existe une spécialisation qui ne s'attache qu'au massage du Hara, l'Ampuku.

Dans les arts martiaux, le hara représente le centre à partir duquel toute technique naît. Une juste utilisation de celui-ci assure la coordination, la vitesse et l'efficience de la technique. De fait, pratiquer un art martial revient également à exercer le hara. Or, ce dernier étant un centre de l'équilibre énergétique de l'organisme et de la quête spirituelle, les arts martiaux vont prendre dans la tradition taoïste une dimension sanitaire et spirituelle (voire religieuse) en plus de sa dimension guerrière.

La perception du Hara passe par des exercices de respiration, de visualisation et des exercices de coordination physiques. En se concentrant sur le hara, sa perception permet de canaliser l'esprit et de libérer les réflexes.

*Extraits du livre "Traité d'alchimie et de physiologie taoïste" de Catherine Despeux, Editions des Deux Océans



Traité d'alchimie et de physiologie taoïste


      

Avertissement:
Le livre présenté ci-après décrit une forme de pratique du Tao qui se rattache à la notion d'"alchimie intérieure". Afin de définir cette notion, je vous fais part de celle du Dr Michel Heller, docteur en Psychologie, qui dans le chapitre consacré au Tao dans son livre "Psychothérapies corporelles" explique utiliser "le terme d'alchimie dans son sens large pour désigner un processus qui cherche à améliorer les dynamiques de l'énergie vitale dans un corps, et à transformer un organisme humain". L'alchimie intérieure est une approche du Tao. Celui-ci peut être abordé également à travers la réflexion philosophique, la gymnastique thérapeutique, les techniques martiales, etc...


Le Tao pour vous, c'est du chinois? Catherine Despeux est là pour vous le traduire!

a noté que Tao = Kata en japonais


Son livre, "Traité d'alchimie et de physiologie taoïste" est une présentation et une traduction intégrale d'un livre écrit par Zhao Bichen, un maître taoïste du début du XXème siècle: "Explications claires sur la physiologie et l'hygiène".


Le livre est composé de deux parties:

L'introduction
Le terme est modeste car cette partie représente la moitié du livre et est aussi essentielle pour le néophyte que la suite. C'est un guide remarquable pour nous faire découvrir les notions de base du Tao dans un langage qui soit clair et accessible.



Le Tao s'est développé en Chine à travers une myriade d'écoles qui ont toutes en commun un goût pour la description poétique des phénomènes de ce monde et qui rend leurs explications gracieusement ésotériques. Claire Despeux, avec un sens pédagogique simple et direct éclaire le propos et la philosophie qui y est induite. C'est ainsi que vous découvrirez de quoi il en retourne lorsque l'onparle de "Passe du Destin restauré", "de poser les fondations en cent jours" ou de relier "le pont des pies inférieur" et "le pont des pies supérieur".

La traduction
" Moi, aujourd'hui, j''affronterai le châtiment céleste et j'exposerai clairement les procédés concernant l'essence, le souffle et l'énergie spirituelle. Je les exposerai, les commenterai et en ferai un livre".
C'est en effet la démarche que Zhao Bichen réalise dans son traité où méthodiquement il présente étape par étape les techniques initiatiques enseignés jusque là oralement et permettant au pratiquant de s'unir au Tao et de viser l'immortalité. Le programme est ambitieux mais au-delà du challenge spirituel, son traité donne une approche globale de la vision taoïste du corps humain et de la manière dont des exercices de respiration, de concentration et autres vont agir sur les éléments de cet organisme pour avancer dans l'initiation. C'est ainsi qu'on apprend comment faire circuler le Chi dans la petite et la grande révolution céleste et éveiller certains méridiens. On y découvre également les notions de souffle extérieur et intérieur. L'initiation comprend trois grandes étapes, chacune attachée à un champs de cinabre (inférieur puis médian puis supérieur), et décrites ainsi:
"Il convient de retourner le cinabre puis de sublimer le corps, le corps étant sublimé de sublimer le souffle, le souffle étant sublimé de sublimer l'énergie spirituelle et ainsi de s'unir au Tao."

Bref, pour tout savoir ou presque sur l'alchimie taoïste, je vous recommande cette lecture dont voici déjà un aperçu.

Karfried G. DURCKHEIM : Le centre de l'être


      
Karlfried Graf Durckheim est un des derniers grands maîtres spirituels occidentaux du XXème siècle. Il incarne aussi une rencontre entre les spiritualités orientale et occidentale.

Né en 1896 à Munich, il suit des études en psychologie et en philosophie et devient professeur en université. En 1938, il est envoyé au Japon. Il y séjourne durant 7 années au cours desquelles il découvre le Budo (Il pratique le Kyudo.). De retour en Allemagne en 1948, il crée un centre en Forêt Noire où il développe la Personale Leibtherapie, une approche psychothérapeutique qui s'appuie sur l'éveil spirituel comme base de la sérénité et du développement de l'individu : "Qu'est-ce que la voie initiatique? C'est toujours l'effort de l'homme pour se débarrasser d'un voile qui l'empêche de voir et de sentir sa vérité authentique, sa vérité essentielle."

Karlfried Durckheim intègre une grande part des principes spirituels orientaux et particulièrement ceux du bouddhisme zen.
La Personale Leibterapie repose sur une conception de la vie d'où émergent des principes et des concepts qui sont présentés ci-après (à partir d'extraits du recueil Le Centre de l'Être) car ils trouvent une résonance particulière pour tous ceux qui pratiquent un art du Budo.
De fait, ces concepts sont susceptibles d’aider à mieux définir et mieux sentir le travail de recherche que mène tout Budoka.

Être essentiel / être conditionné:

"Comme C. G. Jung, Graf Durckheim dit que la faim et la soif de transcendance ne sont pas imposées à l’homme de l’extérieur, par des systèmes religieux, mais qu’elles s’originent dans l’homme lui-même, dans ce qu’il appelle son Etre essentiel."

"L’Être essentiel est au-delà de toutes les conditions. C’est le noyau qui, en chacun de nous, représente la façon dont l’Être universel voudrait se manifester de façon individuel dans l’existence. Il se voit en opposition avec le moi existentiel conditionné. Cette tension entre ces deux pôles est le problème central de l’homme."

L’autre jour, je demande encore à un maître zen qui vient me voir : « Qu’est-ce que l’état de satori ? » Et voilà qu’il me répond : « Le satori, mais c’est l’état naturel de l’homme ! » L’état de satori, c’est donc l’homme tel qu’il est conçu, et l’enfermement dans la seule conscience objectivante est une déviation de cet état naturel.

Le problème qui se pose à l’homme actuel est de devenir perméable afin de se laisser toucher par ce noyau essentiel.

La question qui se pose est de savoir comment ouvrir l’homme à la possibilité de goûter ce qui est au-delà de sa conscience naturelle.

La relation corps/esprit (développer l’unité entre le corps et l’esprit)

Il nous faut distinguer clairement le corps qu’on « a » et le corps qu’on « est ». Le corps qu’on « est », c’est l’ensemble des gestes par lesquels nous nous exprimons et nous réalisons. Le corps, c’est la personne, en tant qu’être qui vit. La personne vivante est au-delà des opposés corps et âme. Si vous vous effrayez, qui s’effraie ? Le corps ? L’âme ? Vos pensées s’arrêtent, le corps se crispe, mais c’est la personne qui s’effraie et s’exprime sur deux plans : le plan de ce qu’elle sent et sa façon d’être là. Nous pouvons désormais remplacer le mot corps par les mots façon d’être là, dans la visibilité, dans le temps et dans l’espace.

Ainsi donc, jusqu’au bout vous restez celui qui en Occident souligne sans doute le plus que le chemin initiatique passe par un travail sur le corps ?
Oui, parce que l’homme est son corps ! On me demande encore parfois si l’expérience mystique est une expérience spirituelle ou corporelle. Cette distinction n’a pas de sens. Dans une telle expérience, je suis touché d’une certaine façon. Dans une expérience mystique c’est la personne entière qui est touchée.

Chacun de nous, en tant que personne, s’exprime et se réalise dans ce qu’il éprouve et dans sa façon d’être là. Et le corps, c’est la façon dont je m’éprouve et ma façon d’être là. C’est dans cet ensemble de gestes que nous sommes, en tant qu’êtres vivants sur terre, que se réalise l’Être essentiel sous les conditions du temps et de l’espace.

L’éveil spirituel s’accomplit par des exercices

Ce qui m’a particulièrement intéressé, c’est que le zen est une religiosité qui n’est pas basée sur une foi, dans le sens que nous donnons à ce mot en Occident, ni sur des croyances, mais sur une expérience.

Ce qui m’a également beaucoup intéressé, c’est que le zen propose des exercices. Chaque exercice représentant l’effort de mettre en place ce qui permet et favorise la manifestation de ce que les bouddhistes appellent notre vraie nature et que j’appelle notre Être essentiel.
Enfin ce qui m’a étonné, c’est que les activités de la vie quotidienne peuvent devenir exercice sur le chemin.
En ce sens, l’atmosphère du zen n’est pas douce. L’homme du zen lutte dans cette vie. Il n’est pas un contemplatif passif.

Et c’est ainsi que je découvris que dans le zen il y a une façon de s’approcher de la vérité intérieure à travers la pratique d’un exercice corporel, physique, qui tout en ayant l’apparence d’un sport n’en est pas un. Cela m’a beaucoup intéressé qu’un exercice comme le tir à l’arc représente la chance d’un développement de l’homme sur le plan intérieur.

En restant en contact avec ce bois, une demi-heure, parfois une heure, je me suis rendu compte que la profondeur d’une qualité conduit à la qualité de la profondeur.

Rappelez-vous que le geste simple, sans cesse répété, transforme la personne qui le fait. Ce qui importe est le geste juste, le geste pur.

La méditation comme exercice de développement

La respiration n’est pas un instrument qui permet de prendre l’air ! Il s’agit plus de ce mouvement dans lequel l’homme s’ouvre et se referme ; se donne et se retrouve. (…) C’est l’homme qui prend conscience de lui-même à travers sa façon d’être là, sa façon de respirer.

Dans l’ensemble des tâches qu’il nous faut entreprendre pour reconnaître notre Être essentiel, il y a au centre de notre travail la méditation et les activités méditatives. Le mot méditation ne vient pas de meditare mais de meditari. C’est-à-dire qu’il y a quelque chose qui nous fait marcher vers le centre.

Dès qu’on parle de la méditation en tant qu’exercice, on va se rendre compte qu’elle ne se fait pas dans la tête mais qu’elle concerne l’homme entier. Pour cette prise de conscience de l’homme entier, il faut prendre conscience du corps. Et la transformation que cherche la méditation concerne le corps tout autant que l’esprit humain.

Le Hara comme centre de l’être

Le Hara ! J’ai l’impression que mon livre qui a pour sujet ce que les Japonais appellent Hara est un cadeau pour l’homme d’Occident. Qu’est-ce qui manque le plus à l’homme actuel. C’est le calme intérieur, la sérénité et la joie de vivre. Ces trois qualités ont leur source dans le tréfonds de notre être, dans le Hara, qui n’est pas le privilège des Japonais.

Que ce soit dans l’art floral, le tir à l’arc, l’épée, la danse, le chant ou l’écriture, lorsque vous demandez aux maîtres de ces arts différents quel est le sens de leur travail, ils vont vous expliquer toutes sortes de choses pour vous dire finalement que tout ce qu’ils viennent de dire n’est pas très intéressant parce qu’il n’y a qu’une seule chose qui soit importante : le Hara ! De ce point de vue, le tir à l’arc, préparer le thé, se battre à l’épée, c’est la même chose. La même chose par rapport au même but qui est l’expérience de se situer ailleurs que dans le moi et de gagner ainsi une certaine indépendance et une certaine liberté.


Voici sa bibliographie: http://www.fraternet.com/magazine/etr_0410.htm
si toutefois un livre vous tente, je vous conseil "Hara centre vital de l'homme"

voici quelques videos:







 






_________________
Mon aviron plonge dans l'écume,
tandis qu'au loin, pointe l'ile des arts martiaux
je n'ai alors d'autre pensée que ceci
"ah, quel plaisir de ramer..."

Mabuni Kenwa


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MessagePosté le: Lun 6 Juin - 21:10 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Inscrit le: 21 Mai 2011
Messages: 224
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MessagePosté le: Mar 7 Juin - 19:53 (2011)    Sujet du message: Hara Répondre en citant

He ben c'est du costaud tout ça^^

Mais très intéressant, c'est une belle philosophie, je me rappelle quand je faisais un peu d'Aïkido, tout l'importance que le Senssei accordait à la respiration et aussi au cri.
_________________
D'une façon générale, la voie du guerrier est l'acceptation de la mort.
Miyamoto Musashi


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:29 (2017)    Sujet du message: Hara

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